Un nouveau cap pour la santé des malvoyants

Implant rétinien Alpha AMS, étapes décisives en cours.

Dans le cadre du « Forfait Innovation » la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) a pris en charge les coûts de l’implant sous-rétinien RETINA IMPLANT Alpha AMS qui avait préalablement obtenu le marquage CE.

Le premier patient a été implanté en octobre 2018, le second l’a été début décembre 2018 et la troisième implantation est prévue, si la recherche d’investisseurs est satisfaisante, mi-avril 2019

Les candidatures des patients éligibles à l’implant sont actuellement reçues aux CHU de Poitiers et Montpellier.


37 autres patients français atteints de rétinopathie pigmentaire devraient pouvoir bénéficier de l’implant.

La Haute Autorité de Santé (HAS) avait déjà approuvé l’an dernier la soumission du « Forfait Innovation » de Retina Implant AG pour évaluer les bénéfices de l’implant.

Si l’étude nationale sur les 40 patients est achevée avec succès et si les investisseurs qui portent ce projet sont toujours mobilisés , l’implant pourra être inclus dans le catalogue des prestations des caisses maladie en France.

Avec l’implant sous-rétinien de Retina Implant AG, la plupart des patients implantés en Allemagne ou en Angleterre ont été capables de percevoir les sources de lumière et d’utiliser l’implant afin de s’orienter dans l’espace.

Le professeur Nicolas Leveziel, chef du service ophtalmologie au CHU de Poitiers et au sein de l’unité INSERM 1084, responsable national de l’étude, et le Docteur Pierre André Duval de Rétine Sud-Cap Santé à Montpellier, auteur des deux premières implantations en sont convaincus : « Ce qui est extraordinaire avec cet implant, c’est qu’il ouvre la possibilité d’une restauration visuelle chez les patients aveugles ou presque aveugles, sans caméra. Le niveau de développement technologique de l’implant est impressionnant et s’améliorera de plus en plus ».

Pour Retina France, la principale association de patients dans l’hexagone, l’étude constitue également une étape importante dans la vie des patients.

Lucie Boyer, implantée en décembre et membre de Retina France, déclare : « J’ai bénéficié de cet implant. Je n’avais jamais imaginé vivre cela. J’ai revu la neige et les passages piétons en février dernier. C’était formidable pour moi. Son fonctionnement adapté à la physiologie humaine, car on peut cligner des paupières pour reposer sa vue, et l’avance technologique qu’il possède est pour nous une réelle source d’espoir. En tant que patiente, je suis par ailleurs heureuse de toutes les initiatives en ce sens ». 

« En plus des mesures de la vision en laboratoire, nous mesurerons l’utilisation pratique de l’implant dans la vie quotidienne. Nous voulons savoir avec précision si le patient est capable de s’orienter dans un environnement inconnu sans aide extérieure. En 2022 notre implant devrait passer de 1600 à 5000 pixels mais nous recherchons actuellement des investisseurs. Nous avons besoin de 30 millions d’euros pour continuer à avancer» souligne Jüergen Klein qui supervise le développement de l’implant en Europe pour le compte de la société Retina Implant AG basée à Reutlingen.

Il serait dommage que les investisseurs et/ou gouvernements français et allemands, au nom des patients et au nom de l’Europe Unie, ne soient pas derrière un si beau projet pour les patients.